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Angelin Laurence raconte Agaléga

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Angelin Laurence raconte Agaléga

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Pour bien de raisons, Agaléga se trouve au centre de toutes les attentions en ce moment. Particulièrement dans le cadre des débats engagés autour de la construction d’une piste d’atterrissage et d’un port dans cette île de 300 habitants. Qui mieux qu’un natif d’Agaléga pour nous raconter le quotidien de cette île perdue de l’Océan Indien ?

En vacances depuis trois mois à Maurice, Angelin Laurence, 37 ans, est natif d’Agaléga. Au hasard d’une rencontre, il raconte son île. La majeure partie des habitants sont amateurs de la pêche. Car en effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pêche n’est qu’un loisir pour les jeunes de l’île. « La pêche demeure mon passe-temps préféré entre amis et c’est toujours un plaisir de s’aventurer en mer», avance Angelin. Des parties de pêche qui terminent toujours par des soirées autour d’un feu pour déguster le ‘toufée’ de poisson. Le ‘sirage de poisson’ est un autre plat très prisé par des Agaléens.

Pour ce plat, le poisson est préparé avec du lait de coco, du safran et du piment sec. En attendant que les femmes préparent le copieux menu, les hommes chantent, se mettent à la guitare et danse du séga. Plaisirs simples mais ô combien important pour l’équilibre de cette petite communauté.
C’est le côté folklore de l’ile, mais il faudra penser aussi à travailler. La grande majorité d’Agaléens sont employés à l’Outer Islands Developpement Corporation, comme mécanicien, handy-man ou encore chauffeur dans le nord de l’île.

Du métier de laboureur à celui d‘Office Assistant, ils travaillent tous pour l’Etat à Agaléga. Il faut savoir aussi qu’Agaléga est divisé entre le nord et le sud. Si le sud de l’île, Sainte Rita est moins développé, la plupart des infrastructures administratives de l’ile se trouvent au Village Vingt-Cinq dans le nord, considéré comme la capitale. Légende ou vécu, le village tient son nom de l’époque de l’esclavage, où les esclaves rebelles recevaient chacun 25 coups de fouets. Le troisième village de l’ile s’appelle la Fourche.

Maurice à Agaléga : le billet à Rs 20 000

Ceux qui peuvent se le permettre s’accordent des vacances à Maurice. Mais ce n’est pas à la portée de tous car le voyage par bateau coûte Rs 20 000. « Je suis venu à Maurice par le Mauritius Trochetia, le seul bateau qui vient à Agaléga chaque quatre mois», nous dit Angelin. « Une des raisons pour que nous ne pouvons venir à Maurice régulièrement est parce que nous devons nous organiser pour passer quatre mois à Maurice. Et ce n’est pas donné à tout le monde ».

Agaléga compte deux écoles primaires et un collège. Le collège Medco offre l’éducation aux élèves jusqu’à la forme 3. Ils n’ont aucun autre choix que de venir à Maurice s’ils veulent poursuivre leurs études. Le football et l’athlétisme sont les deux disciplines prisées dans l’ile. « On adore le football et on organise des matches régulièrement pour meubler nos week-ends. Mais c’est surtout des rencontres amicales ». Les dimanches c’est la messe, car la majorité des habitants sont d’origine catholique et l’église est considérée comme un lieu de rencontre dominicale pour les habitants.

Décembre c’est l’été et aussi la période cyclonique. « Nous prenons les précautions nécessaires avant les périodes cyclonique. Nous stockons nos aliments et consolidons nos maisons d’avance », explique Angelin. « Mais la période de pluie est une manne providentielle pour nous. Nous en profitons pour stocker l’eau, car on n’a pas l’eau courante chez nous. Nous avons tous un gros réservoir qui nous permet de nous alimenter ».

Construction d’un aéroport et d’un port

La conversation dévie inévitablement vers les débats lancés autour de la prochaine piste d’atterrissage et de la construction d’un port dans l’ile. « Dans l’ordre général, nous accueillons ce projet de construction favorablement car cela facilitera le va et vient entre Maurice et Agaléga. Si je comprends bien, nous aurons de surcroit des facilités de communication. Mais le plus important c’est que la population aura de l’emploi, ce qui n’est pas négligeable, non plus. Depuis que je suis à Maurice, on parle beaucoup de la mainmise de l’Inde à Agalega. Si cela se confirme, personnellement, je voudrais garder une certain autonomie ».
« Oui, on a des problèmes d’infrastructures, de manque de communication avec la monde. Oui, on est coupé du monde. Mais j’aime ma petite île. Il y fait bon vivre. Croyez-moi ».

Hitisha (Pallavi) Busgeet

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