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Chroniques d’une partielle: Hypothèses et scénarios

No 18

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Chroniques d’une partielle: Hypothèses et scénarios

Chroniques d’une partielle: Hypothèses et scénarios

D’abord, la nouvelle avait pris des allures de menace, sans  qu’on y prête foi vraiment. Puis, il y a eu l’annonce. Et pas n’importe comment, car c’est à travers l’Assemblée nationale que Roshi Bhadain a confirmé sa décision de démissionner, avec la force de  persuasion qui est la sienne, pour provoquer une partielle au No. 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes).

Le « timing »  reste sans doute discutable. Mais l’occasion était propice pour créer  le « buzz » nécessaire en direct à la télé et de s’approprier des « Unes » dans les médias du week-end. Bhadain a donc réussi son coup non seulement en s’attirant les projecteurs ou en faisant le chou gras de  la presse, mais il a remis la marmite politique en ébullition et  replacé le projet Métro Express au centre des débats.
Pourtant, l’ancien ministre des Services financiers et de la Bonne  gouvernance n’a toujours pas démissionné. C’est ce jeudi 22 juin qu’il  le fera après le vote du Finance Bill. Du moins c’est ce qu’il a annoncé. Jouons quand même le jeu en analysant au futur et en lisant entre les lignes les actions et déclarations, hypothèses et scénarios dans lesquelles se trouvent plusieurs hommes-clés en marge  d’une éventuelle partielle au No. 18.

Chapitre 1 : Entre le marteau et l’enclume

D’abord c’est la seule circonscription du pays qui compte deux anciens ministres de l’équipe gouvernementale, à savoir Roshi Bhadain et  Xavier Duval, leader du PMSD, qui ont rejoint les rangs de l’opposition. Donc une circonscription pas comme les autres puisqu’on  y compte un troisième député, en l’occurrence Kavi Ramano, élu sous la bannière du MMM-PTr, et qui siège aujourd’hui en indépendant.
Les trois hommes connaissent bien la circonscription. Et unis, ils  peuvent faire pencher la balance. Mais il y a aussi un quatrième  homme, l’occurrence Koomaren Chetty, qui a fait son nid dans la circonscription (voir « Le dernier mot du Bad Boy » plus loin).
Il est presque certain que le PMSD, dont le leader est sorti en tête de liste en décembre 2014, ne présentera pas de candidat.  Connaissant la proximité de Xavier Duval avec Bhadain, il est probable que ce dernier bénéficie du soutien du PMSD, d’autant que XLD, lui-même, a avoué avoir demandé au leader du Reform Party de ne pas démissionner avant de poser une PNQ sur le Metro Express. Ils travaillent main dans la main, car de toute évidence, Roshi Bhadain a son « input » dans certaines des PNQ du leader du l’opposition. Le rapport sur les courses hippiques n’était comme on le dit un arbre qui cache la forêt.
Mais attention, ce scénario peut tomber à l’eau si, comme il se chuchote depuis un moment, qu’une alliance PSMD-PTr aurait été scellée dans l’antichambre des leaders. La position du PMSD serait-elle tributaire à l’accord – secret ? – fait avec Navin Ramgoolam ? Si ce n’est pas le cas, serait-il possible que cette partielle puisse précipiter un accord avec le PMSD et le PTr, au cas où un candidat » rouge » serait aligné ? Ce qui est tout à fait plausible et même une opportunité unique pour XLD de (re)négocier le quota « bleu » pour les prochaines législatives… XLD prendrait-il le risque de s’associer à Roshi Bhadain quand il sait que le passage de ce dernier au gouvernement n’est pas exempté de reproches (voir scénario 4)?

Chapitre 2 : L’enfant prodigue qui attend d’être pardonné
Revenons à Kavi Ramano. Même si on ne l’entend pas, ce dernier a des assises solides au No. 18. Elu en troisième position en décembre 2014, il fait capoter un 3-0 de l’alliance Lepep, en devançant le candidat
Koomaren Chetty. Son regret, semble-t-il, est d’avoir suivi le clan Ganoo, aujourd’hui connu comme le Mouvement patriotique. Ce jeune parti même failli exploser quand Ramano, Lesjongard, Raffick Sorefan
et autres y ont pris leur distances. Si Lesjongard et Sorefan ont entretemps adhéré au MSM, par contre Ramano a laissé comprendre qu’il n’est pas « insensible » à un retour au MMM. Cette partielle serait-elle une occasion pour lui de se rapprocher du MMM, Paul Bérenger sachant pertinemment bien que sa connaissance du terrain pourrait être un plus au candidat MMM qui briguera les suffrages
au No. 18 ? Ramano a été conseiller et maire de la ville de Quatre-Bornes et élu de la circonscription en mai 2010 (2e) et décembre 2014 (3e). Il lui reste aussi une seconde option s’il ne soutient pas le candidat MMM, c’est de continuer à se ronger les ongles, un peu comme l’enfant prodigue qui attend d’être pardonné…

Chapitre 3 : Le dernier mot du Bad Boy

Depuis un moment, Koomaren Chetty, candidat battu de l’alliance Lepep, joue à un drôle de jeu : partir pour rester. Comprenez par là qu’il est le seul nominé politique de ce gouvernement qui a démissionné de son poste en tant que CEO de BPML pour ses divergences avec Gérard Sanspeur, mais qui continue à siéger sur le Bureau politique du MSM. C’est un peu le Bad boy du moment du côté du MSM, mais il peut
également jouer un rôle clé dans cette partielle parce qu’il est resté actif dans la circonscription après décembre 2014. Et tout récemment, la direction du MSM lui a confié de nouvelles responsabilités au No.
18 dans le cadre du renforcement des structures du parti. Dans l’éventualité d’une situation ou stratégie de « manz pistas guet cinema » de la part du gouvernement, un coup de pouce du Bad Boy ne serait point superflu, surtout qu’on prétend qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Serait-ce le moment ?

Chapitre 4 : Bhadain joue à quitte ou double
Celui qui a provoqué cette partielle prend un risque énorme de laisser son siège pour aller rechercher la confiance de ceux qui l’avaient voté en 2014. Au delà de son opposition au projet de projet Metro
express, l’ancien ministre de l’alliance gouvernementale donne l’impression que sa démarche est plus vindicative que par conviction. Et y laisse planer un arrière goût d’Heritage City. S’il mord la poussière,
c’est peut être aussi la mort du Reform Party. Ou alors cela lui laissera le temps de se refaire une virginité jusqu’au prochaines législatives. Qui voudrait la mort politique de Bhadain ? Ou à qui profiterait sa
mort politique ? Il n’y a pas à monter sur les toits pour le savoir, car ce serait un débarras certain pour le gouvernement, qui non seulement est conscient de sa « nuisance value », mais de sa montée en
puissance en cas de plébiscite. Ce qui nous fait dire que les enjeux de cette partielle sont énormes,
car une éventuelle victoire de Bhadain lui permettrait de dire que la population a compris que « j’avais raison » et d’avoir du « sérum » pour étendre davantage les tentacules du Reform Party. Mais qui voudrait également de Bhadain quand on sait qu’il était mêlé aux dossiers BAI, SCBG, Heritage City, Betamax ou encore la vente de Britam ? Son « track record » au gouvernement ne plaide pas en sa faveur.

Pendant ses deux ans an gouvernement, la circonscription a noté ses absences et son manque d’intérêt
vis-à-vis de ses électeurs. Ce sont là deux pierres d’achoppements sur lesquels l’ancien ministre pourrait buter et, en parallèle, donner du punch à l’argumentaire de ses adversaires, principalement au candidat
du MMM, et le décrédibiliser. Bhadain jouerait-il à du quitte ou double ? Le temps nous le dira…

Chapitre 5 : Redorer le blason mauve

Il est clair que le MMM se frotte déjà les mains en vue de cette jouteélectorale au No. 18, car si le gouvernement se décide de « Manz pistas guet cinema», le candidat « mauve », qui devrait être Satish Boollel ou Vijay Makhan en raison de leur profil ethnique, ainsi que les orateurs du parti se seront pas à court d’arguments pour enflammer les meetings et autres rassemblements. Le leader du MMM sait que c’est une occasion en or pour repositionner le MMM sur l’échiquier politique après la défaite de décembre 2014 et la débâcle aux municipales quelques mois plus tard. Ces deux gifles électorales, combinées au départ de ses fidèles soldats – Ganoo, Ramano, Joomaye entre autres -, ont pendant
longtemps gangrené la popularité de son parti. Et même si la circonscription No. 18 n’est pas, historiquement, un bastion « mauve», le MMM détient quand même une belle carte pour augmenter
numériquement ses sièges au Parlement. Avec le soutien de Ramano et celui des « Manzer pistas » ? Options et hypothèse à ne pas
écarter…

Scénario 6 : Boolell v/s Boolell…

Une situation cocasse qui peut surgir dans le sillage de cette partielle, le match entre Arvin Boolell, candidat potentiel du Parti travailliste, et Satish Boolell, candidat du MMM si Vijay Makhan n’est
pas retenu. Un peu comme la joute des Jugnauth, entre l’oncle (Ashock) et le neveu (Pravind) lors de la partielle de 2009 au No. 8. Cette fois, les deux sont cousins. Sir Satcam Boolell, ancien membre
influent du PTr et père d’Arvin, est aussi l’oncle de Satish Boolell, donc le frère de son père, Deorishi Boolell. Mais bon, rien n’est joué pour l’instant, car dans les deux cas, aucune des investitures n’a été
avalisée.

Scénario 7 : Arvin qui ballotte, Navin qui se creuse les méninges

Si le MMM a annoncé ses deux potentiels candidats, par contre c’est le « black out » total du côté du PTr. Sans doute préfèrent-ils attendre la démission officielle de Bhadain pour dévoiler leurs batteries. C’est
du moins ce que prétendent certains membres du parti. Mais la vraie raison semble être ailleurs. Navin Ramgoolam est-il prêt à offrir une investiture à Arvin Boolell et éventuellement la possibilité d’entrer
au Parlement ? Quand on connaît ce qui s’est passé à la tête du PTr après les déboires de l’ancien Premier ministre avec la justice après sa défaite aux élections de décembre 2014 et comment il s’en est pris
pour couper l’herbe sous les pieds d’Arvin Boolell, cette partielle s’apparente plus à un casse-tête pour Navin Ramgoolam. Il pourrait difficilement l’écarter. Depuis quelques semaines, les rumeurs
faisaient accroire qu’Arvin Boolell envisageait de s’éloigner du No. 11 pour jeter ses valises au No. 18. Ses desseins risquent de se réaliser plus tôt, car  il est vrai que le fils de feu Satcam Boolall a des atouts intéressants à son compte. D’abord, il a le « bon » profil ethnique, puis il a toujours joui d’une bonne image en tant que politicien et ministre, et ensuite, il a l’étoffe pour affronter les prétendants en lice et surtout pour régler les compte de celui qui aurait été à la tête de cette longue chasse aux sorcières enclenchée au lendemain du scrutin de 2014. Enfin, il a la faveur d’une faction au sein du parti pour obtenir une investiture. Mais il reste en ballotage. Car la rumeur, nous précisons bien « la rumeur », veut que le leader du PTr présente sa candidature. Info ou intox, une partielle est souvent, et historiquement, une occasion d’ouvrir une porte à l’Assemblée nationale pour un membre influent d’un parti. Pravind
Jugnauth (2009), Xavier Duval (1999) ou encore Bérenger (1995) sont parmi ceux qui ont gagné une élection partielle sur les huit organisées depuis ces trente dernières années. Navin Ramgoolam sera-t-il dans la course ? Offrira-t-il un pont d’or à Arvin Boolell ? Ou laissera-t-il le MMM et Bhadain s’affronter seuls ?

Scénario 8 : « Manz pistas guet cinema… »
L’expression est populaire et propre à notre patois… C’est Mahen Jugroo qui a lancé la phrase vendredi soir, après l’annonce de Bhadain, comme pour faire comprendre que l’alliance au pouvoir, le MSM
et le Mouvement Liberater, n’est nullement intéressé de présenter un candidat dans l’éventualité d’une partielle au No. 18. Comme pour confirmer également que ce sera une joute exclusivement entre les
partis de l’opposition.

 

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