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Catherine Gaud, chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre : « En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle »

Catherine Gaud, chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre : « En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle »

Rencontre

Catherine Gaud, chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre : « En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle »

Catherine Gaud, chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre : « En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle »

En visite à Maurice à la demande du gouvernement mauricien, Catherine Gaud, médecin et présidente de l’association Rive a animé un atelier de travail à l’intention des médecins mauriciens. Le chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre a rencontré Anwar Husnoo, le ministre de la Santé ce lundi 11 septembre. Le Point l’a rencontrée…

Catherine Gaud, chef du service Immunologie à l’hôpital de Bellepierre : « En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle »

Catherine Gaud, vous êtes médecin également présidente de l’association Rive, l’équivalent de Pils à Maurice. Racontez-vous votre visite dans l’ile?

Je suis ici à la demande du gouvernement mauricien pour cordonner, en tant qu’experte, un atelier de mise à niveau des protocoles pour soigner les personnes qui vivent avec le VIH. Les soins, les examens et les traitements qu’ils faut leur prescrire. Car, le dernier atelier date de huit ans. Depuis, le virus s’est modifié et les pronostiques ont changé. Il faut impérativement le remettre à jour pour que les patients mauriciens bénéficient de dernier nouveauté, dernier avancé et un traitement plus performant mais moins cher.

Maurice compte à ce jour près de 6 922 patients qui sont porteurs du virus VIH Sida sur une population de 1,2 millions. La situation est-elle alarmante?

Il y a en a probablement 8 000 dans l’île, et un certains nombres qui n’ont pas encore été découverts. Mon messague: ce qu’en 2017, le VIH se soigne bien. Et si on est séropositif, il existe des traitements à Maurice. Il est important de se faire dépister. En 2017, le VIH n’est plus une maladie mortelle. Quand on prend un traitement, cela devient une infection chronique. Quand on le prend très bien, ça devient une maladie qui ne s’accompagne pas d’un décès prematuré. Donc se faire dépister est un enjeu vital. Il ne faut pas avoir ni honte ni peur.

Donc, le sida est toujours présent dans l’océan Indien?

Eh oui, il s’est bien installé dans toutes les iles depuis 1987. Bien que l’ile soit en retard sur l’épidemie européene, deux iles sont les plus touchées : Maurice et Madagascar. A Maurice, entre 2000 à 2005, l’usage des drogues intravenseuse du Brown Sugar, s’est accompagné d’une flambée d’Hépatite et du VIH. Alors qu’à Magadascasar, on pas obtenu une réponse optimale. La pauvreté a fait que l’épidémie s’est propagée d’une manière galopante. Probablement 3 à 4 % de la population doivent être atteinte de la maladie. Ce qui est énorme.

Existe-t-il une convention entre les deux iles?

Il n’existe pas de convention à proprement parlé. Mais depuis 30 ans, je viens regulièrement à Maurice. J’ai été conseillère des Premier ministres successifs dans le domaine du VIH. C’est à la demande du ministre de la Santé que cet atelier a eu lieu. Du 15 novembre au 15 décembre, nous ferons également un diplôme universitaire destinés aux 15 médecins mauriciens qui deviendront des spécialistes du VIH en ayant un mois de cours théorique. Ceux qui réussiront leurs examens auront l’occasion de travailler dans notre service de santé où ils cotoieront les personnes affectées pour la prise en charge pour une durée d’un mois.

Justement, est ce que nos médecins sont sufisamment formés pour s’occuper de ces personnes?

Certains sont formés, d’autres ne le sont pas. Certains ont encore été formés par le diplôme universitaire que nous avons organisé durant ces dernières années. Mais il y a eu un vide ces six dernières années causé par un problème de financement. Certains mèdecins sont plus là, d’autres le sont toujours. Mais plus en quantité suffisante. Pour 6 000 patients, il faut au moins quatre médecins formés. Je trouve que le gouvernement a très intelligemment decentralisé les services. Aujourd’hui, le pays compte 8 sites pour la prise en charge d’un patient.

Parlons du prix des médicaments qui coûtent une fortune, est ce qu’il y aura d’autres génériques pour soulager les personnes atteintes du VIH?

Les génériques ont permis de diminuer considérablement le coût pour le pays intermédiaire comme le votre. En tant que pays intermédiaire, Maurice a accès à des génériques peu chers. Nous avons introduit dans les nouveaux protocoles un produit au nom de Dolutégravir qui empêche une des enzymes de la replication du virus de fonctionner. Ce qui était inexistante jusqu’ici. Avec les génériques, cela coûte moins de 60 dollars par an. A la Réunion, cela coûte 1000 euros par mois.

Est ce qu’il y a beaucoup de mauriciens qui sollicite votre service de santé ?

Oui, nous avons un certain nombre de mauriciens qui vienne chez nous. Soit ceux qui ont des moyens ou ceux qui ont été répérés par des médecins référants. Avec l’aide de Pils, l’association Rive, nous prenons en charge les frais. Le gouvernement mauricien a des conventions avec le centre hospitalier universitaire de La Réunion. Et cela aide grandement certains patients mauriciens.

Et à Maurice…

A Maurice, il y a tout ce qu’il faut pour prendre les patients correctement en charge. Il y a quelque exception qui nécessite soit une technologie particulière soit des avis très spécialisés. Mais nous avons convenu avec les médecins référants de faire une reunion de concertation pluridisciplinaire commune. C’est à dire l’association des médecins spécialistes, des virologues, des phamacologues. A la Réunion, nous disposons déjà de ce service. Et tous les mardis, nous organisons des réunions pour nos patients. Nous le faisons aussi avec Mayotte par conférence téléphonique. Et nous pensons pouvoir le faire avec les patients mauriciens. Ce sera plus considérable pour eux.

Cela fait 30 ans depuis que Maurice lutte contre la stigmatision. Avez vous une solution miracle?

La solutuion, on la connait. C’est déjà l’information des personnels soignants. Même si Maurice a bien progressé, il a encore un nombre de médecins, d’infirmiers ou encore de sage femmes qui ont des idées reçues. C’est partout comme ça. Les personnes séropositifs ne sont pas des coupables. C’est une personne qui a eu une relation sexuelle. C’est quelque chose de normale. Et si cette personne a contracté le VIH, c’est forcément quelqu’un qui a eu une vie compliquée. Il faut considérer que toutes ces personnes peuvent être soignées. Il faut aussi informer les personnels que le VIH est transmissible mais pas contagieuse.

Selon vous, le gouvernement en fait assez pour combattre ce virus?

C’est vrai que nous avons eu une période vraiment difficile. J’ai rencontré le ministre de la Santé. C’est un médecin, et il comprend mieux les enjeux. Nous avons suggéré la mise à nouveau du protocol et la prise en charge des usagers de drogue et de l’hepatite. Il est très efficace. En si peu de temps, nous avons beaucoup avancé. Je suis très satisfaite. Mais le gouvernemnt n’a pas que le VIH, il a aussi le diabète et d’autres maladies. Nous envisageons, en 2018, si le gouvernement mauricien arrive à trouver l’argent de former les infirmiers et des sages femmes.

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