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D’ou vient le Vendredi 13 ?

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D’ou vient le Vendredi 13 ?

D’ou vient le Vendredi 13 ?

Les superstitions font partie de notre quotidien, au même titre que le journal du matin, les courses au supermarché, et tous les petits rituels qui meublent notre vécu. En la matière, ce jour est exceptionnel, les forces occultes et magiques sont en phase pour influencer la vie des mortels englués dans un destin que seuls les dieux et les devins peuvent comprendre et percevoir. Superstitieux, chanceux, les jeteurs de sorts, sorciers et escrocs, sans oublier les amateurs de statistiques, sont à la fête en ce vendredi 13.

Tous les ouvrages consultés sur la symbolique du chiffre 13 proposent diverses hypothèses quant à son origine. Le dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant est très explicite à ce sujet. Quand on vous disait que cela remontait à la nuit des temps, il faut savoir que dès l’Antiquité, le nombre 13 a été considéré comme de mauvais augure. Prenons la machine à remonter le temps et allons-y pour un premier bond dans l’histoire.

Très exactement en août 336 avant J-C, le jour où Olympias, reine de Macédoine, fit estourbir son monarque d’époux, Philippe II. Peut-être était-ce l’équivalent d’un vendredi à la sauce grecque. Pour la petite histoire, Philippe II de Macédoine, qui passa le plus clair de son temps à guerroyer contre Athènes – d’où les célèbres philippiques – entre autres cités Etats, voulut pour asseoir l’unité de la Grèce, s’en prendre aux Perses. Nommé par ses vassaux chef du corps expéditionnaire grec, et de ce fait légèrement imbu de sa personne, il décida d’ajouter sa statue aux côtés de celles des Douze Dieux majeurs, lors d’une procession. Mal lui en pris, car peu de temps après, Philippe II de Macédoine mourut tragiquement. Tout le bon peuple y vit sans doute la colère et la vengeance des Dieux envers un homme qui avait osé siéger à leurs côtés.

Encore un coup de Némésis, sans doute, la divinité qui symbolisait alors “le juste retour des choses”. Pour être complet, sachez aussi que c’est son fils Alexandre III, dit Alexandre le Grand, qui entreprit la conquête de l’Asie, avec quelque succès. Voilà pour la première victime du chiffre 13.Plus près de nous, lors du dernier repas du Christ avec ses apôtres, la Cène, les convives étaient treize à table. C’est semble-t-il de là que viendrait l’origine de la superstition. On sait aussi que la Kabbale dénombrait treize esprits du mal et que le XIIIe chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et de la Bête. Bbbrrr !!!!

Ce qui est bon pour les dieux

De façon apparemment paradoxale, dans l’Antiquité, toujours la présence d’un “treizième” dans un groupe peut encore être perçue comme un signe manifesté de puissance et de gloire. La marque de Zeus, par exemple, le roi des dieux, au milieu desquels il siège et se distingue par sa supériorité. Mais il est bien connu que ce qui est bon pour les dieux ne l’est pas fatalement pour les mortels. Ulysse au cours de ses épreuves était également le treizième membre de son équipage. Ce qui semble lui conférer une certaine supériorité, puisqu’il échappe à l’appétit dévorant du monstre à l’il unique, en prétendant, il est vrai, se dénommer “Personne”. Poursuivant notre petit voyage à rebours au travers des âges, il est plaisant de s’en aller traîner un peu du côté des civilisations précolombiennes.

Chez les anciens mexicains, en Amérique centrale, le chiffre treize, sacré, occupe une place fondamentale dans le calendrier, l’astronomie et la théologie. Les treize dieux et le dieux treize, le grand dieu du ciel ont inspiré le poète Gérard de Nerval : ” La Treizième revient… c’est encore la première. Et c’est toujours la seule, ou c’est le seul moment. Car es-tu reine, ô toi la première ou dernière…” C’est en ce sens qu’il faut interpréter la Mort, treizième arcane majeure du Tarot : elle ne signifie pas une fin, mais un recommencement après l’achèvement d’un cycle.

Chez les Aztèques, 13 est le chiffre des temps, celui qui représente l’achèvement de la série temporelle. Il est associé au chiffre 52, le siècle aztèque, la ligature des années pour la durée des soleils. Le premier et le quatrième soleil, qui ont duré 676 ans chacun, constituent des cycles parfaits, puisqu’ils ne contiennent que les deux nombres 13 et 42. Treize jours, c’est également la durée de la semaine aztèque.

Pour en finir avec la symbolique du nombre 13, ce dernier correspondrait à un recommencement, avec cette nuance péjorative qu’il s’agirait moins de renaître que de refaire quelque chose. Il représenterait la perpétuelle remontée du rocher de Sisyphe ou le tonneau des Danaïdes impossible à remplir.

Le “Jour de Vénus”

Quant à l’association du nombre 13 avec le vendredi… Elle laisse un peu perplexe. En effet, si l’on se rapporte à “la Cène”, le dernier repas du Christ aurait eu lieu un mardi. Vendredi, c’est le “jour de Vénus”. Le sixième jour de la semaine, le jour où les catholiques doivent faire maigre. Il est aussi considéré comme un mauvais jour, celui où il ne faut rien entreprendre d’important. Sans doute est-ce pour cela que nombre de nos paroissiens contemporains écourtent cette journée de travail pour mieux partir en week-end et préparer idéalement le Jour du seigneur.

Des historiens ont retrouvé une lettre de Colbert adressée à Louis XIV, dans laquelle il se plaignait qu’une escadre avait refusé de prendre la mer un vendredi. Un peu plus tard, Bonaparte, qui envisageait très sérieusement de devenir Napoléon, ajournait le coup d’Etat de Brumaire qui devait avoir lieu dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18. Il s’en expliquait en déclarant : “Je n’aime pas les esprits forts. Il n’y a que les sots pour défier l’inconnu”. L’histoire lui a un temps donné raison.

Puisque nous feuilletons les pages de l’histoire de France, un peu dans le désordre, comme les potaches se distraient avec les pages les plus “fun” du Lagarde & Michard, lorsque Clovis, roi des Francs, épousa Clotilde qui le convertit à la religion chrétienne, on offrit à la nouvelle reine treize deniers d’or en guise de voeux de bonheur. Cette coutume du treizain fut longtemps respectée en France. Ainsi, lorsque Louis XVI épousa l’archiduchesse d’Autriche, une certaine Marie-Antoinette, on le vit prendre 13 pièces d’or des mains de l’archevêque de Reims pour les remettre à la mariée avec l’anneau. Des pièces qui devaient le conduire à sa perte du côté de Varennes, par un triste soir. Il semblerait que de nombreux commerçants pratiquent encore de nos jours le “treizain”… et s’en portent très bien commercialement. Tout le monde ne peut pas être roi.

Cette superstition autour du vendredi 13 résulte sans doute de la réunion d’une série d’événements, enrichie au fil des ans et des siècles par les croyances populaires. En cherchant bien, il est toujours possible de trouver des correspondances entre les événements, vendredi 13, le moine bourru, le loup-garou et le retour des coquecigrues qui n’est ni plus ni moins prévisible que celui des calendes grecques.

En matière de superstition, vendredi 13 présente encore la particularité de porter bonheur aux joueurs et parieurs : il faut encore s’attendre aujourd’hui à une affluence record dans les bureaux de jeu à 13h et 13 minutes. La Française des Jeux peut compter sur les superstitions de sa clientèle.

En revanche dans les compagnies aériennes, on ne joue pas avec la superstition. Si vous tenez à forcer le destin ou jouer au plus fort, ne cherchez pas à réserver une place dans la rangée numéro 13, elle n’existe pas. On passe du 12 au 14 et ne pensez pas que le constructeur est un nul en maths. Il en va de même pour les hôtels, surtout aux Etats-Unis où le treize est exclusivement perçu comme porte-malheur, quand la vieille Europe aime bien jouer sur les deux tableaux, histoire de ne pas se tromper, sans doute. Bien souvent dans les “buildings”, tours et autres structures verticales des “States”, il n’y a pas de treizième étage. Dormez tranquille !

Source Clicanoo.re

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