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Steve Edouard, l’homme qui veille sur les morts

Rencontre

Steve Edouard, l’homme qui veille sur les morts

Steve Edouard, l’homme qui veille sur les morts

Une petite brise souffle sur la porte d’entrée comme pour vous indiquer que vous approchez un cimetière. Il y règne un calme plat comme pour vous dire qu’ici reposent en toute tranquillité les morts. Ça nous donne des frissons! Steve Edouard le vit au quotidien. Ici, c’est son univers. Veiller sur les morts, c’est son métier. Cet habitant, 40 ans, voit les morts et les vivants se défiler devant ses yeux bientôt deux ans. Un métier que beaucoup aurait refusé. Dans le cadre de la Toussaint…il nous parle de son expérience.

Les facettes de ce métier sont longtemps abandonnées, voire stigmatisées. Ses compagnons sont des tombes et des arbres. Un métier que Steve qualifie de « dur » dc un environnement loin d’être chaleureux. Au bout de deux ans, il a vu bon nombre de gens passer au cimetière. Des vivants qui viennent enterrer leurs morts ; parents qui enterrent leurs enfants et vice-versa, des pertes tragiques, entre autres.

Un métier qui engage beaucoup d’émotions et de sentiments. Ce n’est jamais une joie de perdre un être proche et encore moins de tous les jours voir et vivre la souffrance des gens. À force d’être dans cette routine au bout d’un moment, on peut croire qu’on n’a pas de sentiment, mais qu’on soit insensible, mais à quel point ? L’amertume, ‘les boules’ comme on dit prendre le dessus partage Steve.

En tant que gardien on ne peut que simplement compatir de loin aux douleurs des autres. Le quotidien de Steve vague entre s’asseoir et attendre qu’il se passe quelque chose ou l’accueille des gens pour un enterrement ou entretien des lieux. « Je suis là comme gardien simplement, pour le nettoyage, fleuriste, tout ce qui concerne l’administration et les papiers ne font pas partie de mes tâches » confie Steve. « J’aide les personnes qui viennent chercher des renseignements où les guider vers quelle porte aller taper pour comment faire pour un enterrement». C’est l’État qui gère toute la partie administrative du cimetière.

Le danger dans le métier, c’est l’insécurité. Le fait de se retrouver seul au cimetière particulièrement la nuit. Steve a fait face plus d’une fois à de la méchanceté gratuite « il y a des personnes qui lancent des pierres le soir, qui cherchent à faire peur et compliquer le travail qui est déjà difficile ».  Autre point qui rend ce métier de gardien dur, c’est de ne pas être pas en famille le soir, passer peu de temps avec sa femme et ses enfants. Steve en deux ans n’a jamais vécu une quelconque manifestation surnaturelle, c’est des êtres vivants qu’il faut avoir peur pas des morts.

Travaillant sous l’aile d’un contracteur, Steve commence le boulot à cinq heures du matin et s’il travaille le soir, c’est à cinq heures de l’après-midi que Steve doit être sur son lieu de travail. Steve ne travaille pas seul, il y a son collègue avec qui il jongle entre les horaires. Pour ce dernier, le travail est mal payé, mais comme c’est son gagne-pain… il faut bien manger !

Le 1er novembre c’est la date ou il y a le plus d’activité dans les cimetières de l’île. Comment Steve voit et vit ‘La Toussaint’? C’est un jour de fête. Habitué à cette ambiance, car c’est le moment de l’année ou le cimetière est rempli de gens, de marchands ambulants autour et des fleuristes aux portes. Mais c’est surtout le seul moment de l’année ou le cimetière est aussi gai, bruyant et orné de fleurs.

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