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Rodrigues fier de son ‘Sega Tambour’  

Culture

Rodrigues fier de son ‘Sega Tambour’  

Rodrigues fier de son ‘Sega Tambour’  

Le jeudi 7 décembre dernier, le ‘Sega Tambour’ de Rodrigues a été décrété patrimoine mondial de l’UNESCO au même titre que le ‘Sega Tipik’ et le ‘Geet Gawai’. Le Point est allé à la rencontre des artistes traditionnels rodriguais évoluant à Maurice qui continuent à faire briller leur art et leur tradition.

De gauche à droite, Cedrick Perinne, Bruno Jameson, Harry Jolicoeur et son fils

Le verdict est tombé en Corée du Sud, lors de la 12e session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Le ‘Sega Tambour’ est reconnu comme étant un symbole de l’histoire de la communauté rodriguaise. “C’est une fierté pour moi et pour tout le pays. C’est une reconnaissance mondiale”, confie Harry Jolicoeur, leader du groupe ‘Kadans Kiltirel’.

 

D’après l’histoire, le ‘Sega Tambour’ est né dans les régions septentrionales et occidentales de l’île Rodrigues,  notamment Soupir, Vainqueur, Lataniers, Citron Donis et Mangues. L’histoire raconte que les esclaves marrons jouaient du séga tambour en signe de résistance, de rébellion et comme moyen de communication.

Ce qui autrefois servait à se défouler et oublier le mauvais traitement des colons, au fil des années est devenu une façon de faire passer des messages, pour répondre à l’autre son mépris, sa mauvaise ou bonne action. Un peu dans le même esprit que « Bal Ran Zariko ».

Parmi les groupes pionniers qui ont pratiqué le ‘Sega Tambour, il y a Cardinal Blanc, Cardinal Jaune, Alpha Omega, Bwa Siro Dibwa Dir, entre autres. Ces derniers ont laissé leurs empreintes dans le mécanisme de cet art. Parmi quelques figures légendaires on retrouve l’incontournable Ma tante Gro-Fi, qui a tout le respect du peuple rodriguais, Lorenza Gaspard ou encore les deux sœurs Solange et Yolanne. Quand on interprète un ‘Sega Tambour’, c’est majoritairement en l’honneur d’une des ces personnes. Du ‘Sega Tambour’ est aussi apparu le ‘Sega Akordeon’, avec la même formation à  l’exception de l’accordéon qui est rajouté à la mélodie.

Les chanteuses et musiciens qui jouent du tambour, on les nomme « Les Mareshal ». Les instruments qu’il faut pour un bon ‘Sega tambour’ traditionnel sont la ravane/ tambour, le triangle, le ‘mayos’, composé de deux bouts de bois, et le ‘bat’, deux boîtes de conserve. Des danseurs et choristes pour compléter la formation pour animer et mettre de l’ambiance.

Selon Bruno Jameson, originaire de Rodrigues et passionné du ‘Sega Tambour’, il n’a jamais coupé les ponts avec sa culture. En tant qu’universitaire, il affirme que bien des jeunes pratiquent cet art quand ils quittent l’île Rodrigues.  C’est toute une question de transmission de culture de génération en génération pour que la jeunesse rodriguaise s’intéresse, apprend et pratique le ‘Sega Tambour’. C’est aussi une façon de promouvoir et de partager leurs connaissances.

L’inscription du ‘Sega Tambour’ au registre du patrimoine mondial est un honneur, une fierté pour le peuple rodriguais qui voit leur culture être reconnue.

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