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(USA) Les risques des élections à mi-mandat pour Trump

L’internationale

(USA) Les risques des élections à mi-mandat pour Trump

Donald Trump ne figurera pas sur les bulletins de vote, mais les élections de mi-mandat, le 6 novembre, n’en seront pas moins un référendum sur son nom.

” C’est toujours le cas pour l’administration en place, mais ce le sera encore plus cette année, compte tenu des passions que suscite  Donald Trump “, confirme Henry Olsen, spécialiste du Parti républicain au sein de l’Ethics and Public Policy Center, un think tank de Washington.

Le président des Etats-Unis a d’ailleurs prévu de parcourir sans relâche le pays jusqu’au scrutin pour tenter de faire obstacle à une potentielle vague démocrate dont la hauteur sera déterminante pour la suite de son mandat. Les élections à mi-course sont traditionnellement défavorables au parti au pouvoir.

Pour l’instant, celles de 2018 ne semblent pas devoir déroger à la règle, du moins pour ce qui concerne la Chambre des représentants. Le Parti démocrate peut espérer remporter les 23 sièges qui lui manquent pour en reprendre le contrôle. Le renouvellement partiel du Sénat contrarie en revanche l’ambition d’un contrôle total du Congrès, puisqu’il implique un nombre important de sortants démocrates (26 contre 9 seulement pour les républicains), y compris dans une dizaine d’Etats remportés très largement par Donald Trump en  2016.

“Le président des Etats-Unis a pourtant des arguments à faire valoir, à commencer par la santé éclatante de l’économie américaine”

Le président des Etats-Unis a pourtant des arguments à faire valoir, à commencer par la santé éclatante de l’économie américaine. Donald Trump peut aussi mettre en avant la perspective d’un Parti républicain rassemblé autour de sa personne. A de très rares exceptions, les quelques voix critiques se sont tues, comme celle de John McCain, décédé le 25 août, ou sont en passe de quitter le Congrès, renonçant à affronter la base du président dans les urnes.

Parmi les sympathisants conservateurs, la cote de popularité du magnat de l’immobilier est en effet l’une des plus fortes jamais enregistrées à ce point d’un premier mandat. Cet électorat reste majoritairement indifférent aux affaires qui embarrassent la Maison Blanche, qu’il s’agisse de l’enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller sur les interférences prêtées à la Russie en  2016 ou de l’achat du silence de femmes assurant avoir eu par le passé une relation extraconjugale avec le président.

A de rares exceptions près, comme lors de la primaire du Wyoming pour la candidature au siège de gouverneur, les candidats qu’il a soutenus l’ont emporté en interne contre des caciques : Kris Kobach face au gouverneur sortant du Kansas, tout comme Ron DeSantis en Floride, mardi, face à un républicain modéré pourtant donné longtemps favori, également pour un poste de gouverneur.

Le faible taux de chômage et la croissance robuste n’ont pas été suffisants en effet pour que le milliardaire obtienne un taux d’approbation positif un an et demi après son arrivée à la Maison Blanche. Stabilisé depuis le début de l’été, il est même légèrement inférieur à celui de Barack Obama, en pleine crise des subprimes, en août 2010, selon la moyenne des sondages calculée par le site RealClearPolitics.

Le décrochage du président est particulièrement sensible au sein de l’électorat féminin, comme parmi l’électorat des cols blancs des banlieues résidentielles. Cela explique les difficultés rencontrées par des sortants républicains dans les métropoles, y compris dans d’anciens bastions comme le Texas, la Virginie ou la Caroline du Nord.

Omniprésent sans doute jusqu’au dernier jour de la campagne, le président va constituer un atout autant qu’un handicap pour son parti : il électrise une base déjà acquise en rebutant les sensibilités conservatrices plus modérées. A l’inverse, il rassemble comme jamais un Parti démocrate qui a souvent pâti par le passé de la faible mobilisation de son électorat en dehors des scrutins présidentiels.

Les élections partielles qui se sont échelonnées depuis un an ont toutes été marquées par une forte participation démocrate, au point de faire basculer en décembre  2017 un siège de sénateur de l’Alabama considéré comme imprenable et de menacer très sérieusement un autre dans l’Ohio, en août. Selon un sondage publié fin juillet par la Marist University, 78  % des électeurs démocrates considèrent les élections de mi-mandat comme ” très importantes “, contre seulement 68  % des électeurs républicains. Grâce à cette meilleure mobilisation, les démocrates espèrent également reprendre pied dans des Etats gagnés par surprise par Donald Trump en  2016 : le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

L’analyse des données financières des candidats communiquées à la Commission électorale fédérale par le Cook Political Report, un site spécialisé dans la couverture des campagnes, témoigne également de cette vivacité dans le camp démocrate, notamment en Californie, au Texas et dans le New Jersey. Trois Etats dans lesquels les républicains pourraient perdre une bonne partie de leur avance à la Chambre.

Contrairement à ce qu’espéraient sans doute les stratèges républicains, la défaite à la présidentielle de 2016 essuyée par les démocrates n’a entraîné aucun virage à gauche marqué. Ce dernier aurait eu un effet repoussoir auprès d’indépendants en déshérence après avoir majoritairement soutenu Donald Trump.

Source: Le Monde

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