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Afrique : les ambitions renouvelées du Royaume Uni

L’internationale

Afrique : les ambitions renouvelées du Royaume Uni

La Chef du gouvernement britannique a terminé, jeudi, à Nairobi sa première tournée africaine, qui l’a d’abord menée en Afrique du Sud, puis au Nigeria. Une visite pour courtiser trois anciennes colonies phares de l’Empire britannique et colmater les brèches ouvertes par le Brexit, après un été où les négociations sur le divorce avec l’Union Européenne (UE) se sont enlisées.

Trente ans se sont écoulés depuis la dernière visite d’un chef de gouvernement britannique au Kenya et, jeudi 30  août, le Président Uhuru Kenyatta ne s’est pas privé de le faire remarquer à son hôte, Theresa May : ” Je suis ravi que vous soyez venue par vous-même voir un pays et un continent qui ont tellement changé en presque quatre décennies. “

” Alors que le Royaume-Uni se prépare à quitter l’UE, nous sommes déterminés à assurer une transition souple qui garantit la continuité de nos relations commerciales, a assuré Theresa  May, lors d’une conférence de presse, en présence de son homologue kényan. Aujourd’hui, nous avons regardé vers l’avenir, vers un partenariat renouvelé qui va débloquer l’incroyable potentiel de la prochaine génération pour nos deux pays. “

A la tête d’une délégation comptant une trentaine de chefs d’entreprise, la visite de la première ministre visait naturellement à trouver de nouveaux débouchés pour les entreprises britanniques. A son arrivée en Afrique du Sud, mardi 28  août, la Première ministre britannique a affiché un objectif se voulant ambitieux : ” Que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique d’ici à 2022. “ Une cible néanmoins atteignable, à l’heure du désengagement américain : avec 47 milliards d’euros investis en  2016, le Royaume-Uni suit de près les Etats-Unis, qui ont investi 49 milliards d’euros la même année, d’après les chiffres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Theresa May et le Président Uhuru Kenyatta

Pour le grand come-back britannique en Afrique, Theresa May a également promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies africaines et une nouvelle approche décomplexée de l’aide au développement. ” Je n’ai pas honte de dire que nos programmes d’aide doivent aussi être bénéfiques au Royaume-Uni. – Ils doivent – non seulement combattre l’extrême pauvreté, mais aussi soutenir nos propres intérêts nationaux “, a-t-elle déclaré.

Mercredi 29 août, au Nigeria, où la dirigeante a signé des accords sécuritaires sur le combat contre les djihadistes de Boko Haram, la délégation britannique a annoncé vouloir doubler le montant de ses échanges commerciaux avec la première puissance pétrolière du continent, actuellement à 4,7 milliards d’euros. Enfin, au Kenya, la première ministre a assuré que ce pays d’Afrique de l’Est conserverait un accès sans barrières tarifaires et sans quotas au marché britannique.

Mais les ambitions de Theresa  May apparaissent bien modestes sur un continent courtisé de toutes parts par les grandes puissances comme par les pays émergents. La dirigeante britannique marche sur les pas de l’Indien Narendra Modi, du Turc Recep Tayyip Erdogan, du Chinois Xi Jinping, qui, depuis juin, ont tous effectué leur tournée africaine. Fin juillet, ce dernier a annoncé plus de 12  milliards d’euros d’investissements chinois pour la seule Afrique du Sud. ” On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays. Mais nous pouvons offrir des investissements de long terme et de haute qualité “, a-t-elle soutenu.

Sur le plan commercial, le Royaume-Uni post-Brexit se profile effectivement comme un nain en Afrique, avec des échanges avoisinant les 31 milliards d’euros en  2015, contre 261  milliards pour l’Union européenne (UE) et 160  milliards pour la Chine. Pis, les exportations britanniques vers le continent sont en baisse constante ces dix dernières années.

La visite de Mme  May avait justement pour objectif de montrer à ses détracteurs qu’elle est capable de nouer des accords commerciaux à l’étranger.

Mardi, la première ministre a signé des accords économiques avec six pays d’Afrique australe, destinés à remplacer ceux en vigueur pour l’UE et qui ne s’appliqueront plus lorsque le Royaume-Uni en sortira.

Source : Le Monde

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