Connect with us

John Malepa, MD d’Accenture (Maurice) : « En regroupant des gens différents, nous créons des choses extraordinaires… »

la rencontre

John Malepa, MD d’Accenture (Maurice) : « En regroupant des gens différents, nous créons des choses extraordinaires… »

John Malepa, qui est le MD de la branche mauricienne d’Accenture, évoque, dans l’entretien qu’il a accordé à Le Point, l’initiative inclusion et diversité de la compagnie qui vise à une meilleure intégration de personnes de toutes horizons. Il revient aussi, par la même, sur les activités de la compagnie.

Pouvez-vous nous faire une brève introduction des
activités d’Accenture, de ses activités à Maurice et à l’international ?

Nous sommes une société
internationale de conseils en management et en technologie. Il s’agit d’une très
grosse entreprise américaine qui emploie plus de 400, 000 personnes dans le
monde et est implantée dans une cinquantaine de pays et cotée sur la Bourse de
New York. Accenture a démarré ses activités à Maurice à partir de 2001 et nous
avons officialisé la structure en 2003 et aujourd’hui, nous avons plus de 2500
personnes qui travaillent à Maurice. Nous avons plusieurs gammes d’activités,
avec Accenture Operations, Accenture Digital, Accenture technologie et
Accenture stratégie. A Maurice, nous avons Accenture Technologie et Accenture opérations.
Les deux activités grossissent avec des croissances entre 10 et 15%. Certes,
nous sommes quelque peu limité par rapport à notre croissance, pas en termes de
demande. A Maurice, nous desservissions essentiellement l’Europe et dont à 85%
la France. On a de plus en plus de demande et c’est la raison pour laquelle
nous avons démarré l’Accenture Academy et nous permettra d’assurer la
formation.

Pouvez-vous nous parler de
l’initiative prise par Accenture pour l’intégration

Il s’agit d’un programme que nous avons lancé depuis plusieurs années et
qui s’appelle inclusion et diversité ce qui fait partie de nos valeurs. Une des
valeurs fondamentales d’Accenture est le respect des individus. A Accenture,
nous travaillons avec des gens de toutes cultures et dans de nombreux pays et
donc, nous avons déjà l’inclusion dans notre façon de fonctionner. Nous
travaillons avec des gens différents et pour nous, c’est une force. Nous avons
des gens qui viennent de culture différentes, d’orientation différentes,
d’horizons différentes ou encore de couleurs différentes Tout ceci nous permet
d’être nous-mêmes différents par rapport aux services que nous donnons à nos
clients. Cela nous permet aussi de donner du sens à ce que nous faisons. Ces
valeurs nous permettent de prendre des décisions au quotidien, d’avoir des
attitudes justes dans notre travail, que ce soit avec des collègues, avec nos
clients ou encore avec nos fournisseurs. Nos valeurs sont, donc, très
importantes, pour nous permettre de savoir comment décider. Nous avons ce
programme en interne et cette année, l’on s’est dit que Maurice peut en
profiter. Donc, on a lancé le programme vers l’extérieur avec un commitment
board (ndlr : qui se trouve à Nexteracom Tower 2 à Ebène) en disant aux
gens, venez et écrivez votre engagement pour une société inclusive et diverse
qui ne prend pas en comptes les différences culturelles, de couleur de peau, de
patronyme, d’âge, d’orientation sexuelle. Accenture peut être un exemple et
l’on peut utiliser cela pour une plus grande ouverture d’esprit. Le succès
d’Accenture comprend aussi notre capacité à être inclusifs, car nous recrutons
des gens qui sont différents

Votre initiative équivaut-elle à
une forme de discrimination positive ?

Nous sommes plutôt parti sur un modelé de culture de différence et la
cultiver et dire que c’est un force et non pas une faiblesse. Je prends
toujours l’exemple du Bonzaï. L’on peut dire que c’est petit, que cela a mal
poussé, mais au final, c’est une plante que tout le monde va rechercher et qui
est hors de prix. Finalement, cela démontre que ce qui peut être considéré
comme un handicap est un trésor. Nous prenons des gens qui sont différents,
nous mettons l’accent dessus, nous les laissons être eux-mêmes. En regroupant
des gens différents, nous créons des choses extraordinaires…

En prônant cette initiative,
quelle est la réaction de vos employés disons ‘mainstream’ et de travailler
avec des gens qui sont différents d’eux ?

Cela fait partie de notre culture, d’être ‘truly human’.  Beaucoup de gens qui travaillent ici sortent
de l’Université et c’est leur premier job. Ils ont appris à vivre ensemble,
sont arrivés avec. C’est une question d’éducation. Quand vous mettez des gens
dans un environnement qui épouse cette culture et cette façon de faire et
deviennent des ambassadeurs de l’inclusion et de la diversité.  

“Je prends toujours l’exemple du Bonzaï. L’on peut dire que c’est petit, que cela a mal poussé, mais au final, c’est une plante que tout le monde va rechercher et qui est hors de prix.”

Pensez-vous qu’il y ait une
certaine carence au sein des entreprises par rapport à ce genre d’initiative pour
promouvoir l’inclusion ?

L’on n’est pas là pour juger. On ne se positionne pas en donneurs de leçons.
L’on dit simplement, voilà ce que nous faisons et regardez comment cela a réussi
et comment les gens sont contents. A Accenture, ce que l’on vend, c’est notre matière
grise. Notre force c’est notre personnel et c’est cela que l’on vend.

Peut-on justement dire que c’est
aussi une question de management de ressources humaines, lorsque l’on sait qu’il
y a beaucoup de mobilité au sein du secteur de l’externalisation…

C’est certainement une façon d’engager aussi les gens dans ce qu’ils font. Il
y a, certes, la question du chiffre d’affaires, mais il y a aussi la nécessité
de donner du sens à ce que l’on fait. Ce n’est pas juste de venir travailler
parce que l’on a besoin de gagner sa vie. A travers nos valeurs, nous donnons,
justement du sens à ce que l’on fait. Nous voulons avoir des gens épanouis et
qui sont heureux. Sinon, ils ne seront pas productifs.

Quel regard jetez-vous sur le secteur
de l’informatique et de l’externalisation à Maurice ?

Le secteur des technologies de l’informatique, est plus vaste. Nous sommes
aujourd’hui dans le secteur des nouvelles technologies qui comprend l’intelligence
artificielle, le Big Data, la sécurité informatique, explosent au niveau
mondial. Il y a un développement énorme et il y a une pénurie de main-d’œuvre.
Pour au moins les 10 prochaines années, il y aura du travail pour ceux qui
souhaitent travailler dans le secteur. Et ce manque vaut aussi pour Maurice. Et
en tant qu’un ile, nous devons admettre que nous serons toujours limité.

Continue Reading
Advertisement
To Top