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Le FMI, la BM et l’OCDE et le triplé féminin

Gita Gopinath

L’internationale

Le FMI, la BM et l’OCDE et le triplé féminin

Gita Gopinath a été nommée par le Fonds monétaire international (FMI), lundi 1er  octobre, au rang de chef économiste. Cette Américaine qui est née et a grandi en Inde est la première femme à prendre ce poste.  Un triplé féminin préside désormais aux destinées des départements de recherche de trois célèbres institutions économiques internationales.

En avril, la Banque Mondiale a choisi une professeure d’économie de l’université de Yale, Pinelopi Koujianou Goldberg, pour remplacer Paul Romer en tant que chef économiste de l’institution phare du développement. Quelques semaines plus tard, début juin, c’est l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) qui annonçait avoir jeté son dévolu sur la Française Laurence Boone, ancienne conseillère de François Hollande à l’Elysée.


Pinelopi Koujianou Goldberg, Chief economist à la Banque Mondiale

Les défenseurs de la cause féminine en économie ne boudent pas leur plaisir face à cette nouvelle trinité. ” Cela traduit, évidemment, une prise de -conscience d’un ras-le-bol mondial par rapport aux discriminations. Et c’est d’autant plus réjouissant que l’économie est un champ de la science où le sexisme est particulièrement important, marqué par le conservatisme et un plafond de verre solide “, réagit Emmanuelle Auriol, présidente du comité Women in Economics au sein de la European Economic Association (EEA), une association d’économistes du continent.

Laurence Boone, Chief economist de l’OCDE

Le débat a fortement rebondi ces derniers mois, soutenu par une batterie de statistiques. En Europe, seulement 20  % des économistes confirmés sont des femmes, et elles ne sont que 15  % parmi les professeurs à plein temps aux Etats-Unis. Encore un exemple ? Une seule représentante de la gent féminine a reçu le prix Nobel d’économie depuis sa création, en  1969 (l’Américaine Elinor Ostrom, en  2009). Interrogée dans les médias, Gita Gopinath a affirmé n’avoir jamais, elle-même, souffert de discrimination féminine – quand bien même elles ne sont qu’une poignée de femmes professeures titulaires dans le département de Harvard où elle enseigne aujourd’hui.

Au-delà des questions de sous-représentation, certains espèrent que ces nominations en cascade pourront influencer l’orientation de la recherche économique. Car les enquêtes démontrent que les femmes, en moyenne, ont une approche un peu différente de leurs homologues masculins. ” Nous avons moins tendance à croire que le marché se régule tout seul, nous sommes généralement plus interventionnistes et aussi plus redistributives “, résume Soledad Zignago, économiste à la Banque de France et impliquée dans ce débat. La littérature scientifique montre aussi que les femmes s’intéressent plus souvent aux questions liées à la santé, à l’éducation, aux inégalités et au genre. Autant de sujets – cela tombe bien – sur lesquels le FMI, comme la Banque mondiale et l’OCDE, est supposé se prononcer.

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