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Sky, un américain dans l’europe des télécoms !

L’internationale

Sky, un américain dans l’europe des télécoms !

Avant Comcast, le métier de câblo-opérateur était fort rentable mais plutôt ennuyeux : fournir un robinet à chaînes de télévision au plus de foyers possibles. La plupart du temps, en juxtaposant des monopoles locaux. Mais depuis que Brian Roberts a hérité, en  1990, de son papa l’entreprise fondée en  1963 dans le Mississippi, il n’a eu de cesse d’animer cette activité, trop prévisible à son goût. Avec l’idée de se développer dans deux directions naturelles, les télécommunications d’un côté et la télévision de l’autre. Comcast, devenu à coups d’acquisitions le numéro un américain du secteur, est un pionnier du concept de convergence entre les médias et les télécoms. Celui-ci a fait florès à la fin des années 1990, notamment avec Vivendi en France, et revient aujourd’hui avec force sur le devant de la scène. En bouclant ce mardi 9  octobre le rachat de Sky, le premier acteur de la télévision payante en Europe, il poursuit dans cette voie et pourrait bien troubler le jeu déjà compliqué des Européens.

Cette opération a un parfum de revanche pour l’insatiable Brian Roberts, puisqu’il arrache Sky au géant Disney qu’il avait essayé d’acheter en  2004. Il débarque en Europe à un moment crucial. Face au déferlement dans l’audiovisuel de géants numériques comme Netflix ou Amazon, les groupes de télévision sont sur la défensive. Aux Etats-Unis, le phénomène provoque déjà une érosion des abonnements au câble et l’intrusion des opérateurs de téléphone, comme ATT ou Verizon, dans leur métier. En Europe, Sky est l’un des rares paneuropéens. Outre au Royaume-Uni, il est présent en Irlande, Allemagne, Autriche, Italie et Espagne. Son rachat par le géant américain devrait dont rebattre les cartes au moins dans trois domaines.Trouble-fête

D’abord, sur le marché de l’Internet à haut débit, spécialité de Comcast et où Sky est le numéro deux en Grande-Bretagne. Ensuite, son activisme pourrait conduire à faire encore monter les prix sur les droits des retransmissions sportives, notamment de football, en Europe. Une nouvelle qui ne devrait pas réjouir Canal+, déjà débordé sur ce terrain en France par l’agressivité du groupe Altice de Patrick Drahi. Enfin, il pourrait conduire à un nouveau type de consolidation si ce fana des ” méga-deals ” qu’est Dan Roberts se prenait à vouloir s’allier à un opérateur téléphonique local. Soit purement britannique, soit international, comme Vodafone.

Tout cela devrait poser des questions aux Français, comme le groupe Vivendi, qui poursuit un peu le même objectif de concentration paneuropéenne et de convergence. Ce dernier pensait éviter la confrontation en se focalisant sur l’Europe du Sud, mais le nouveau Comcast Sky pourrait jouer les trouble-fête. D’autant que Dan Roberts a un jumeau en France en la personne de Patrick Drahi, qui lui aussi mise sur la convergence entre médias et télécommunication, avec son réseau câblé, les mobiles de SFR et la télévision BFM. Ces deux-là partagent également une même fragilité, un endettement considérable, qui pourrait bien un jour limiter leurs ambitions.

Source : Le Monde

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