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La croissance économique de la Chine s’essouffle

L’internationale

La croissance économique de la Chine s’essouffle

L’empressement des autorités de la Chine à souligner qu’elles ont la situation bien en main n’enlève rien à la réalité des faits : la Chine ralentit.

Au troisième trimestre, la deuxième puissance économique mondiale a vu son produit intérieur brut (PIB) croître de 6,5  % en rythme annuel, après 6,7  % au trimestre précédent. Sa plus faible croissance depuis début 2009, quand le géant asiatique subissait le plein contrecoup de la crise financière.

Et encore, bien des experts occidentaux doutent de l’exactitude de ce chiffre publié vendredi 19  octobre par le Bureau national des statistiques. ” La vérité se situe sans doute plus proche de 5  %, estime Mark Williams, chez Capital Economics. Il n’y a là rien qui signale une détérioration accélérée de l’activité mais l’économie est confrontée à de sérieux vents contraires. ” Le Premier ministre de la Chine Li Keqiang, a lui-même reconnu, mardi, la multiplication de ” pressions baissières “ dans un contexte international ” difficile et instable “. Avant de s’attacher à rassurer : ” Nous sommes résolus, et nous en avons les moyens, à faire face aux risques. “

Jusqu’ici, la baisse de régime de l’économie de la Chine résulte essentiellement de facteurs domestiques. La production industrielle mollit. Celle des constructeurs automobiles a baissé de 10  % au troisième trimestre, sur fond de baisse des ventes. Et les dernières données traduisent une faiblesse des investissements en infrastructures. Autant de signes d’essoufflement liés à la campagne de restriction du crédit engagée par Pékin, depuis deux ans, pour juguler la folle envolée de la dette chinoise.

A contrario, même s’il occupe davantage l’espace médiatique, le conflit commercial opposant le géant asiatique aux Etats-Unis n’a sans doute pas joué un grand rôle dans la décélération. Washington a imposé des droits de douane, de 10 à 25  %, sur un montant de 250  milliards de dollars (218  milliards d’euros) d’importations chinoises. ” Mais ces taxes sont encore très récentes, et la baisse du RMBY – yuan –permet de la compenser “, note Mark Williams. Depuis avril, la dépréciation atteint environ 9  %. Jeudi, le yuan est tombé à son plus bas niveau depuis presque deux ans face au billet vert.La Bourse fait le yoyo

Cette glissade ne serait pas le fruit d’une manipulation orchestrée par les autorités, à en croire le rapport semi-annuel du Trésor américain consacré aux devises et publié mercredi – en dépit des critiques récurrentes du président Donald Trump. D’ailleurs, si elle joue favorablement sur la compétitivité des produits chinois vendus à l’étranger, cette baisse montre les inquiétudes face au risque de durcissement des tensions sino-américaines. ” L’incertitude peut finir par avoir un impact négatif sur la croissance. Surtout si les Etats-Unis commencent à mettre en place d’autres types de mesures punitives contre la Chine “, souligne Bei Xu, économiste à la Société générale.

La Bourse fait le yoyo

Témoin de cette fébrilité, la Bourse fait le yoyo. L’indice de la place de Shanghaï a déjà perdu près de 25  % cette année. Rien n’indique que Pékin et Washington s’acheminent vers une trêve alors que les pourparlers entre les deux puissances sont enlisés. Pour ne pas laisser s’installer les craintes d’un coup de frein plus brutal de l’économie, les autorités chinoises vont devoir jouer un délicat numéro d’équilibriste. ” A court terme, elles privilégieront le soutien à la croissance, résume Mme Xu. Et l’objectif de désendettement sera repoussé à un peu plus tard. “

De premières mesures de stimulus monétaire et budgétaire ont déjà été activées. La banque centrale chinoise a réduit le taux des réserves obligatoires des banques quatre fois cette année pour les encourager à accorder plus de crédits. Et les entreprises vont être encore davantage soutenues, a indiqué vendredi Liu He, principal conseiller du président Xi Jinping sur les questions économiques, dans une interview donnée aux médias officiels chinois. Un entretien qui vise aussi à souligner la résilience du pays, alors que Pékin ne cesse de se clamer en position de force face à Washington : ” A l’instant, la performance de l’économie chinoise peut donner l’impression de difficultés, mais, si vous la considérez comme un processus historique, les perspectives de développement sont très prometteuses. “

Source: Le Monde

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