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L’Afrique du Sud tente de se sortir du marasme économique

Vue aérienne de Cape Town

L’internationale

L’Afrique du Sud tente de se sortir du marasme économique

Scandales de corruption à répétition, croissance atone, défiance des investisseurs, chômage de masse : avec la chute de Jacob Zuma, en février, l’Afrique du Sud espère tourner la page d’une décennie noire marquée par la morosité économique.

Poussé dehors par son propre parti avant la fin de son deuxième mandat, l’ancien président est l’incarnation des dérives qui ont douché les espoirs suscités par la fin du régime de l’apartheid en 1994.

A son arrivée au pouvoir, en 2009, il portait pourtant l’appétit des masses noires défavorisées pour une transformation réelle de l’économie. Neuf ans plus tard, le constat est amer : Jacob Zuma laisse une économie exsangue et un Etat impotent. D’après les prévisions du Fonds monétaire international, la croissance sera de 0,8 % en 2018. L’Afrique du Sud est désormais le pays le plus endetté en volume du continent. Quelque 27 % de la population, dont un jeune sur deux, sont sans emploi. Les inégalités sont à leur paroxysme, alors que le salaire médian de la majorité noire reste 3,5 fois inférieur à celui de la minorité blanche.

Surtout, M. Zuma laisse un Etat rongé par la corruption et des entreprises publiques en faillite. Avec le scandale de la « capture de l’Etat », véritable feuilleton qui a rythmé les derniers mois de sa présidence, l’ex-président est accusé d’avoir abandonné le pays aux Gupta, une riche et sulfureuse famille d’origine indienne. Celle-ci s’est immiscée avec une facilité déconcertante jusqu’au sommet de l’Etat au point de peser sur la nomination des ministres et de rafler des contrats publics pour son empire financier. Résultat : avec les investisseurs, la crise de confiance est durable. En témoignent les fluctuations incessantes du rand, la plus volatile des monnaies émergentes, au gré des soubresauts de l’actualité politique.

L’économie a également pâti de la conjoncture internationale, subissant de plein fouet la crise mondiale de 2008, puis, plus récemment, la crise des matières premières de 2016. Le secteur minier, qui a fait la richesse de l’Afrique du Sud – grand exportateur d’or, de cuivre, de platine et de charbon –, a perdu des dizaines de milliers d’emplois. La nation arc-en-ciel est désormais talonnée par le Nigeria pour le titre de première économie du continent.

Le nouveau président, Cyril Ramaphosa, un ancien syndicaliste proche de Nelson Mandela devenu homme d’affaires, a promis de nettoyer le pays de la corruption et de faire revenir les investisseurs. Il est adoubé par les milieux d’affaires, et son accession au pouvoir s’accompagne d’un optimisme prudent. La confiance tarde à revenir, alors que l’économie est depuis octobre de nouveau en récession.

Or il y a urgence. La société sud-africaine est au bord de l’explosion, comme le montrent les accès de violences récurrents dans les quartiers pauvres et les zones rurales. Alors que des élections générales sont prévues pour la mi-2019, auxquelles l’ANC, le parti de Nelson Mandela, se présente dans un contexte de désaffection historique de son électorat, Cyril Ramaphosa n’a plus que quelques mois pour convaincre.

Source : Le Monde

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