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Excès de liquidités : comment la Banque de Maurice déploie les grands moyens

Les réserves internationales de Maurice se montaient à Rs 217, 5 milliards à décembre 2018.

l'eco

Excès de liquidités : comment la Banque de Maurice déploie les grands moyens

Rs 2 milliards. C’est, selon les estimations de la Banque de Maurice, le montant actuel d’excès de liquidités dans le circuit bancaire. L’excès de liquidités fait référence à toutes liquidités dont les banques disposent et qui excèdent leurs besoins stricts, et qui vont au-delà des bonnes pratiques de gestion bancaire. L’excès de liquidité pose un problème d’ordre économique, dans la mesure où cet argent excédentaire, détenu par les banques commerciales n’est pas productif, n’étant pas injecté dans le circuit domestique, donc, n’étant d’aucune utilité à l’économie réelle. Autre conséquence : la possibilité de fausser le marché des devises, dans la mesure ou cet excès de liquidité concerne aussi les devises étrangères détenues par les banques.

Rs 2 milliards. C’est, selon les estimations de la Banque de Maurice, le montant actuel d’excès de liquidités dans le circuit bancaire.

Yandraduth Googoolye, Gouverneur de la Banque de Maurice

La Banque de Maurice s’est fait fort, tout au cours de 2018, de mener une politique visant, justement, à réduire l’excédent de liquidité dans le circuit. Ceci, notamment, avec l’émission d’obligations. « Nous avons mené des opérations de marché ouvert agressives pour éliminer l’excès de liquidité structurelle du système et le déconnecter entre le Key Repo Rate et les taux du marché monétaire. Alors que les liquidités en roupies dépassant le ratio de réserves obligatoires ont fluctué entre Rs 8 et Rs 9 milliards au premier semestre de 2018, nous estimons qu’une grande partie des cet liquidité représente les réserves volontaires détenues par les banques pour faire face à leurs engagements », devait ainsi indiquer le Yandraduth Googoolye, le Gouverneur de la Banque de Maurice dans le dernier rapport annuel de la Banque Centrale, publié en décembre.
Politique agressive
Une politique « agressive », si l’on s’en tient aux propos du numéro 1 de la Banque centrale, qui a certes porté ses fruits. Les rendements des bons du trésor de 91 jours, sont, par exemple, passés de 1, 68 % en octobre 2017 à 3, 62 % en juin 2018. Mais ces opérations ont eu un coût pour la banque centrale. « L’élimination de l’excès de liquidités, s’est faite à un coût », concède d’ailleurs le Gouverneur de la Banque centrale. « Entre fin décembre 2017 et juin 2018, les instruments de la Banque de Maurice en circulation sont passés de près de 70 milliards à 92 milliards de roupies et les coûts de stérilisation (ndlr : interventions de la banque sur les marchés, notamment celui des changes) sont passés à près de 2,4 milliards au cours de l’exercice 2017/18 », explique aussi Yandraduth Googoolye.
Une politique qui a, d’ailleurs, une incidence sur les comptes de la Banque centrale qui a encouru des pertes de Rs 587 millions pour le dernier exercice financier. Une situation qui perdure d’ailleurs depuis 2014 (exception faite de 2016/17).

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