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Le marché de l’art devrait perdre des couleurs en 2019

Cette année, le marché de l’art dans son ensemble risque de se tasser, du fait de la probable hausse des taux d’intérêt. L’art est considéré comme une valeur refuge pour de nombreuses fortunes, mais aussi pour des fonds d’investissement.

L’internationale

Le marché de l’art devrait perdre des couleurs en 2019

Cette année, le marché de l’art dans son ensemble risque de se tasser, du fait de la probable hausse des taux d’intérêt. L’art est considéré comme une valeur refuge pour de nombreuses fortunes, mais aussi pour des fonds d’investissement.

Interrogé en novembre 2018 par le magazine Artnet, Tad Smith, président­ directeur général de Sotheby’s, a prédit un ralentissement dans le marché de l’art: « Début 2018, le vent soufflait à plein dans les voiles. Aujourd’hui, il s’est calmé. »

En 2018, la prime est allée aux valeurs sûres, doublées d’une belle provenance. En témoigne le succès de la collection Rockefeller dispersée en mai chez Christie’s : 832,6 millions de dollars (726,3 millions d’euros) récoltés en quelques jours. Un prix à retenir ? Les 115 millions de dollars déboursés par le marchand newyorkais David Nahmad pour La Fillette à la corbeille fleurie, de Picasso, un tableau vénéneux qui a été présenté jusqu’au 6 janvier dans la somptueuse exposition « Picasso. Bleu et rose » au musée d’Orsay.

Un bémol toutefois : bien que, sur le papier, les résultats soient impressionnants, l’ensemble très « vieille école » de tableaux modernes n’a réservé que peu de surprises tant le montant des garanties était élevé. En revanche, la magie du patronyme fut déterminante pour les objets les plus banals, comme un panier à pique ­nique de la marque Asprey, estimé 5 000 dollars et vendu la bagatelle de… 212 500 dollars !

La magie du marché de l’art, ce sont aussi les découvertes inattendues qui font le sel du marché. En 2017, ce fut un Christ en Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci – et depuis contesté – adjugé 450 millions de dollars chez Christie’s. En 2018, Jésus a encore été superstar. Mais cette fois, plus modestement, sous les traits d’un chérubin méditant devant une croix.

Une septuagénaire vendéenne confie cette toile, alors non attribuée, aux commissaires priseurs tourangeaux Philippe et Aymeric Rouillac, habitués à dénicher des pépites dans les greniers français. Le cabinet d’expertise Turquin pressent une attribution importante, pourquoi pas les frères Le Nain, artistes majeurs du XVIIe siècle.

En confrontant l’œuvre aux Le Nain que détient le Musée du Louvre, les experts n’ont plus de doute : le tableau est de la même main. Auréolée de cette nouvelle attribution, l’huile se vend pour 3,6 millions d’euros en juin, triplant le précédent record établi à New York pour un tableau des Le Nain. Les femmes contre-attaquent L’année 2018 fut aussi celle des révolutions. Technologique, tout d’abord. Les acteurs du marché n’ont plus qu’un mot à la bouche : la blockchain.

Ce procédé, qui sert aux monnaies cryptographiques, permet des transactions sécurisées dans une chaîne de blocs, par le truchement d’un réseau d’ordinateurs. En juin, la galerie britannique Dadiani, associée à la plateforme d’investissement d’art en ligne Maecenas, a mis pour la première fois aux enchères à travers la blockchain des parts d’une sérigraphie d’Andy Warhol, 14 Small Electric Chairs, estimée 4,2 millions de livres sterling (4,7 millions d’euros). Bingo : 800 enchérisseurs se seraient bousculés pour emporter, sur la Toile, un fragment – virtuel – de cette œuvre. Le deuxième grand basculement dans le marché de l’art est d’ordre culturel : 2018 marque l’ascension des artistes afro-américains.

En premier lieu, de Kerry James Marshall, dont un immense tableau s’est vendu en mai pour 21,1 millions de dollars. Un bénéfice juteux pour la Metropolitan Pier and Exhibition Authority, qui l’avait acheté 25 000 dollars en 1997. Les femmes, aussi, contre-attaquent sur le marché. La cote de Joan Mitchell, peintre américaine décédée en 1992 et actuellement exposée au Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau, a repris des couleurs.

En mai, le record de 16,6 millions de dollars établi chez Christie’s la replace au niveau de ses contemporains masculins comme Franz Kline. La palme pour une artiste vivante n’est pas aussi élevée. Elle revient à Jenny Saville, dont un grand nu a été adjugé 10,5 millions d’euros en octobre chez Sotheby’s à Londres. L’artiste britannique s’est toutefois fait souffler la vedette par Banksy, qui, dans la même vente, a semé l’émoi médiatique en détruisant son œuvre à distance. Le record féminin est d’ailleurs huit fois inférieur à celui de 80,3 millions de dollars établi un mois plus tard par un autre Britannique, David Hockney.

Source : Le Monde

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