Connect with us

L’or pourrait faire son grand retour en 2019

l'eco

L’or pourrait faire son grand retour en 2019

Après cinq années d’évolution erratique, l’or retrouve depuis quelques mois de sa brillance. Malgré un repli de 0,9 % sur l’année 2018, la remontée de l’once enregistrée entre septembre et janvier avoisine 9 %. Sa cotation approche les 1 300 dollars (1 124 euros). Récent, ce rebond semble marquer un changement de tendance, à tel point que plusieurs spécialistes de ce marché estiment que le métal jaune devrait en 2019 revenir de façon plus marquée.

Le 10 janvier, une note de CPR Asset Management titrait sur un possible « alignement des planètes »« Le potentiel de hausse est à ce jour élevé. Au cours du premier trimestre 2019, l’once pourrait approcher la zone des 1 400 dollars », avance Benjamin Louvet, gérant en matières premières chez OFI Asset Management.

A ce jour, plusieurs facteurs plaident en faveur d’une poursuite de la hausse de l’or. D’abord, les événements géopolitiques actuels. La possible montée du populisme à l’occasion des élections européennes de mai, des négociations compliquées liées au Brexit et un shutdown d’une durée historique aux Etats-Unis sont autant d’éléments susceptibles d’avoir un impact sur l’évolution de l’économie mondiale.

Quant aux tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et la chute récente des marchés financiers, elles pèsent aussi sur le moral des investisseurs. Inquiets, ces derniers commencent à développer une aversion au risque. Autre paramètre notable : « Les actions américaines sont historiquement très chères, les obligations rapportent peu, l’or commence à sortir du lot et cela devrait se poursuivre », indique François de Lassus, consultant chez CPR Or Devises.

« Déjà élevé, le dollar semble disposer aujourd’hui d’un potentiel baissier important. Or la valeur de l’or est réputée évoluer en sens inverse de celle du billet vert », explique Arnaud du Plessis, gérant actions thématiques, spécialiste de l’or chez CPR Asset Management. C’est la contraction des taux d’intérêt réels (taux nominaux-inflation) qui devrait redonner davantage d’intérêt au métal jaune. Dernier facteur contribuant au retour en grâce de l’or : « Une augmentation de la demande mondiale d’or physique et d’investissement, notamment depuis le troisième trimestre 2018 », souligne François de Lassus.

Ce regain de dynamisme est porté par la Chine, l’Inde, l’Allemagne et le Moyen-Orient, réputés être de grands pays acheteurs de ce métal sur la scène internationale. En période d’incertitudes, l’or retrouve son caractère unique de protection puisqu’« il est négativement corrélé à tous les autres actifs financiers », rappelle François de Lassus. D’ailleurs, depuis 2008, ce métal demeure une réserve de valeur et un actif stratégique pour les banques centrales qui en achètent toujours. Cet actif tangible fait également office de valeur refuge pour les particuliers.

Cependant, l’or physique ne rapporte rien, ni dividende, ni coupons, c’est l’évolution des cours qui lui confère ses performances. Quelques placements collectifs permettent aux épargnants de faire entrer de l’or papier dans leur patrimoine. Faciles d’accès, il existe des fonds indiciels (ETF) qui ont pour objectif de répliquer le cours du métal. « Ces derniers temps, ces supports ont eu les faveurs des investisseurs institutionnels qui les ont utilisés pour placer leurs liquidités et profiter de la hausse des cours », selon François de Lassus.

Une autre solution consiste à opter pour l’achat d’actions minières ou de parts de fonds aurifères regroupant différents titres. Ces valeurs sont en phase avec les cours de l’or, mais pas seulement. Bien que le métal jaune soit souvent dominant dans l’allocation d’actifs, le portefeuille de nombreux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) est la plupart du temps composé de titres en lien avec d’autres métaux précieux (argent, platine, palladium) dont les comportements sont corrélés à l’or. « Investir dans ces différentes mines permet de bénéficier d’une exposition dynamique », commente Arnaud du Plessis. Néanmoins, ces titres sont aussi sensibles à l’évolution des marchés boursiers.

To Top