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La Banque d’Angleterre prévoit la plus faible croissance de ces dix dernières années

L’internationale

La Banque d’Angleterre prévoit la plus faible croissance de ces dix dernières années

Jeudi 7 février, la Banque d’Angleterre a nettement revu à la baisse sa prévision de croissance pour le Royaume Uni pour 2019, à 1,2 %, contre 1,7 % prévu en novembre. Ce serait le pire niveau depuis la crise de 2009. Si ce n’est pas le scénario qu’elle privilégie, la Banque d’Angleterre estime à 25 % le taux de probabilité d’une récession.

Néanmoins, Mark Carney, le Gouverneur de la Banque d’Angleterre, insiste sur l’éventualité d’une bonne surprise. « En cas de “Brexit doux”, quelle qu’en soit la forme exacte, l’économie connaîtrait un rebond, les entreprises embaucheraient… » Outre la sortie de l’Union européenne, le ralentissement de la croissance mondiale, en particulier en Allemagne et en Chine, grève aussi l’économie du pays. Le problème auquel M. Carney est confronté est le même que celui des entreprises britanniques : il ignore ce qui va advenir.

Il lui a fallu une heure de conférence de presse et un rapport de 44 pages pour l’expliquer, mais il se trouve « dans le brouillard du Brexit ». « Le champ des possibilités est à peu près aussi large qu’il l’était au lendemain du référendum [du 23 juin 2016]. » Les scénarios vont d’un « no deal » dans cinquante jours, qui serait « un choc » économique, selon M. Carney, à un accord qui conserverait le statu quo jusqu’à en 2020.

Dans ce contexte, difficile d’établir des prévisions. Cette imprévisibilité a pourtant déjà un impact concret. Le plus important concerne l’investissement des entreprises, en net ralentissement depuis le référendum. « Il a probablement reculé de 3 % l’an dernier, malgré la croissance économique [qui était de 1,5 % en 2018], le bilan solide des entreprises et leur fort niveau de rentabilité. »

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En d’autres termes, les sociétés se portent plutôt bien et devraient donc investir. Mais elles sont dans l’expectative. Nissan en est un exemple. Le constructeur automobile vient d’annoncer qu’il allait fabriquer son crossover X-Trail au Japon plutôt que dans son usine de Sunderland (nord-est de l’Angleterre). Si la crise du diesel en est la principale raison, le Brexit a joué un rôle important dans cette décision. « Effet de court terme » L’autre conséquence économique de l’incertitude liée au Brexit touche la consommation. Sur le papier, tout devrait se passer pour le mieux : le chômage est au plus bas de son histoire, à 4 %, et les salaires, longtemps stagnants, ont commencé à augmenter. En outre, le revenu réel des ménages (corrigé de l’infation) a progressé de 2,5 % sur les douze derniers mois. Toutefois, les Britanniques sont très prudents dans leurs dépenses.

Jeudi 7 février, la Banque d’Angleterre a nettement revu à la baisse sa prévision de croissance pour le Royaume Uni pour 2019, à 1,2 %, contre 1,7 % prévu en novembre.

Les ventes au détail ont baissé de 0,2 % au quatrième trimestre, et nombre d’enseignes ont vécu une période de Noël particulièrement médiocre. Les nuages qui s’accumulent au-dessus du Royaume-Uni depuis deux ans et demi se font de plus en plus menaçants. D’après Mark Carney, le Brexit a coûté 1,5 point de croissance au pays par rapport à ce qu’elle aurait été sans le Brexit. D’autres économistes placent la barre un peu plus haut. De son côté, le groupe de réflexion Centre for European Reform estime que 2,3 points de croissance ont été perdus.

« Il s’agit cependant d’un effet de court terme qui ne nous dit rien sur la tendance économique de long terme », juge M. Carney. Or, le Royaume-Uni est plutôt dans une situation économique faste : quasi plein emploi, hausse du pouvoir d’achat, endettement des ménages (partiellement) assaini depuis la crise de 2008, entreprises relativement saines… De plus, après une longue période d’austérité, le gouvernement actuel a presque mis n aux coupes budgétaires. Si le Parlement parvient à s’entendre sur un compromis à propos du Brexit, un rebond est donc envisageable. A moins, bien sûr, que le scénario catastrophe du « no deal » se produise. Sa probabilité est « faible », mais « a augmenté », observe M. Carney, sans plus de précisions. Dans ce cas, la croissance, l’emploi et l’investissement devraient se « contracter substantiellement », même si le gouverneur refuse de prédire une récession de façon formelle. Selon la dernière étude de la Banque d’Angleterre, la moitié des entreprises ne sont pas prêtes à une telle hypothèse.

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