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Quand les valeurs des PME peuvent doper les investissements en actions

L’internationale

Quand les valeurs des PME peuvent doper les investissements en actions

Plus volatils que les grandes valeurs, les titres des petites et des moyennes entreprises (PME) européennes dopent la performance d’un portefeuille boursier sur une longue période. Leaders dans leur secteur, ces sociétés évoluent dans des marchés à forte croissance.

Quand la conjoncture économique est porteuse, mais accusent davantage le coup quand tout se dégrade. Les actions des petites et moyennes entreprises européennes, dont la capitalisation boursière évolue généralement entre 1 milliard et 10 milliards d’euros, ont connu une année 2018 particulièrement difficile. L’indice CAC Mid & Small a affiché un recul de 23,2 % tandis que le CAC 40 perdait près de 11 %. Depuis la remontée des marchés, ce même CAC Mid & Small a gagné 11 % depuis le 1er janvier, c’est moins bien que le CAC 40, en progression de 13 % au 1er janvier. « Notre rôle de gérant d’actifs consiste justement à écrêter ces phénomènes d’amplifications sur un marché boursier volatil car peu liquide », explique Jean Médecin, membre du comité d’investissement de Carmignac.

Si sur de courtes durées, l’évolution erratique des valeurs petites et moyennes peut donner des sueurs froides, « sur une longue période, soit sur 5, 10 et 15 ans, elles font deux fois mieux que les grands indices », affirme Pierre Schang, gérant de portefeuille du fonds Tocqueville PME chez Tocqueville Finance. Ces titres « représentent 75 % des sociétés cotées et 35 % de la capitalisation boursière des marchés », précise Xavier Lagrandie, responsable de gestion chez Lombard Odier Investment Managers. « Il est donc indispensable pour un investisseur d’en avoir en portefeuille », ajoute ce dernier.

Les fonds spécialisés dans ces valeurs composent leur portefeuille en faisant leur marché dans la zone euro ou en Europe continentale, souvent dans des sociétés évoluant dans tous les secteurs d’activité. « Il y a du choix car ces valeurs représentent quand même les trois quarts des sociétés cotées », signale Xavier Lagrandie. Dans cet univers hétérogène des petites et moyennes valeurs, le luxe, les télécoms ou l’énergie sont peu représentés.

En revanche, les « bio tech », les sociétés de services ou encore les sous-traitants automobiles sont plus nombreux que chez les grandes valeurs. Elles occupent toujours une position de leader sur leur marché domestique, voire à international. « Pures dans leurs activités, beaucoup d’entre elles surfent sur des thématiques porteuses comme la santé, la digitalisation, l’environnement ou encore le vieillissement de la population », explique Guillaume Chieusse, gérant du fonds Oddo BHF Active Small Cap.

« Pour les entreprises avec une capitalisation inférieure à 5 milliards d’euros, notre univers d’investissement à l’échelle de l’Europe est large avec 2 100 valeurs. Pour celles de moins de 2 milliards d’euros, le spectre avoisine 1 800 valeurs », indique M. Chieusse. Les sociétés logées dans ces fonds ont souvent le même profil : elles sont souvent familiales ou incarnées par un manageur ou une équipe et spécialisées sur un secteur de niche.

Leur atout phare consiste à évoluer dans un marché à forte croissance qui, année après année, tire les résultats, et est susceptible à terme de les faire changer de taille. « Dans cet univers des petites et moyennes valeurs, il existe de belles histoires de petites sociétés devenues grandes comme Ingenico et Téléperformance », indique Pierre Schang. De plus, avec cette classe d’actif, « il suffit qu’une société fasse l’objet d’une OPA, donc soit rachetée par une autre, pour que son cours de Bourse puisse s’emballer et que des gains pour les actionnaires soient possiblement au rendez-vous », explique ce dernier.

Le côté monoactivité des petites et moyennes capitalisations constitue un de leurs atouts. « Les leviers de croissance sont forts car les secteurs sont porteurs et de niche. C’est là que se captent les belles performances », explique Xavier Lagrandie. Reste que cette activité unique s’avère aussi un facteur de vulnérabilité. Le moindre ralentissement de leur unique activité peut vite les pénaliser et dégrader leurs résultats. Plus que les grandes entreprises, elles sont exposées à un risque de faillite dès lors que leur bilan se fragilise sur plusieurs exercices.

De plus, leur capital étant souvent aux mains des fondateurs, le flottant en Bourse est limité. Ce faible nombre d’actions en circulation pèse sur la liquidité.« Il suffit de quelques flux massifs d’acheteurs ou de vendeurs pour que cela se répercute de façon accentuée sur les cours provoquant une volatilité élevée. Certains titres peuvent, en quelques mois, perdre 50 % de leur valeur », reconnaît Damien Kohler, responsable Small & Mid Caps européennes chez BNPP AM.

L’horizon d’investissement dans un fonds spécialisé doit être d’au moins dix ans afin de lisser les à-coups. Sur cette durée, des fonds comme Sextant PEA (Amiral Gestion), BNY Mellon Small Cap Euroland (BNY Mellon Fund Managers), Sextant PME (Amiral Gestion), Oddo BHF Avenir Euro (Oddo BHF AM) ou Lazard Small Caps Euro (Lazard Frères Gestion) parviennent à afficher des performances annualisées supérieures à 10 %.

A plus court terme, les résultats sont plus incertains. « L’an passé, les sociétés les plus exposées à l’international ont souffert des tensions commerciales entre la Chine et les Etats Unis qui ont pesé sur leurs affaires, sans parler de l’incertitude liée au Brexit », indique Jean Médecin. En attendant, les gérants affichent leur optimisme quand aux capacités de rebond rapide de ces valeurs. En 2019, ils restent prudents dans un marché où il n’y a pas de fortes décotes. Beaucoup s’emploient à faire du stockpicking, à savoir sélectionner des valeurs à potentiel sans aucune approche sectorielle avec comme fil rouge dénicher « la » future pépite ou, plus raisonnablement, opter pour des valeurs résilientes non cycliques et donc moins soumises aux aléas économiques.

 

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