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Face aux tensions commerciales, les inquiétudes se renforcent pour l’économie mondiale

L’internationale

Face aux tensions commerciales, les inquiétudes se renforcent pour l’économie mondiale

Un ralentissement ? Quel ralentissement ? En pleine bataille commerciale avec les Etats-Unis, Pékin se garde d’exprimer la moindre inquiétude sur son économie. La Chine bénéficie d’une croissance stable, d’un marché du travail dynamique et de revenus qui augmentent, s’est félicité le président Xi Jinping, en visite à Moscou, dans un entretien publié, mercredi 5 juin, par les médias russes. Le pays dispose d’assez de « moyens » et de « confiance » pour affronter les risques, a-t-il encore affirmé.

Cette assurance de façade n’est pas unanimement partagée. Mercredi, le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la deuxième économie mondiale. L’activité en Chine devrait progresser de 6,2 % cette année et 6 % en 2020, en deçà des précédents pronostics (respectivement 6,3 % et 6,1 %) et à son rythme le plus faible depuis deux décennies.

Le moteur chinois a commencé à décélérer pour des raisons structurelles et intérieures. Mais l’épreuve de force se durcit avec Washington et risque de dégénérer en une guerre économique tous azimuts, aux répercussions forcément nuisibles. Depuis le mois de mai, Donald Trump impose à son partenaire de nouvelles taxes punitives et promet d’aller encore plus loin. En face, Pékin organise la riposte, à coups de droits de douane et de menaces de représailles contre les entreprises étrangères dites « non fiables ».

« Si le commerce est menacé, si le commerce subit des dommages, la croissance souffrira », a insisté Kenneth Kang, directeur adjoint du département Asie-Pacifique du FMI, lors d’une conférence de presse à Pékin. Cette escalade suscite d’ailleurs une certaine fébrilité chez les investisseurs : les places boursières chinoises ont enregistré des sorties de capitaux record en avril et en mai, d’environ 12 milliards de dollars (environ 10,7 milliards d’euros), selon des chiffres de Morgan Stanley cités par le Financial Times.

Mais l’inquiétude est plus générale, avant la rencontre entre M. Xi et M. Trump censée se tenir en marge du prochain sommet du G20, les 28 et 29 juin, à Osaka (Japon). Dès le 8 juin, les ministres des finances du groupe des Vingt, réunis à Fukuoka, dans le sud de l’archipel, débattront de l’impact des crispations commerciales sur l’économie mondiale. Celui-ci n’est sans doute pas spectaculaire, mais l’incertitude créée par les volte-face permanentes de Donald Trump commence à laisser des traces.

Dans un post de blog publié mercredi, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, souligne que les tarifs douaniers entre les Etats-Unis et la Chine pourraient amputer le produit intérieur (PIB) brut mondial de 0,5 % en 2020. « Cela représente une perte d’environ 455 milliards de dollars américains, soit un montant supérieur à la taille de l’économie sud-africaine », a souligné MmeLagarde.

Mardi, déjà, la Banque mondiale a abaissé ses prévisions pour la croissance planétaire. Elle devrait s’établir à 2,6 % cette année (au lieu de 2,9 % prévus en janvier). « Il y a une chute de la confiance des entreprises, un ralentissement accru du commerce mondial et un marasme des investissements dans les pays émergents et en développement », a décrit le nouveau patron de la banque, David Malpass. Les échanges mondiaux devraient croître à leur rythme le plus faible depuis la crise financière, il y a une décennie.

Et les craintes ne se cantonnent plus aux conséquences du différend sino-américain depuis que Donald Trump a ouvert un deuxième front, cette fois contre le Mexique. Le président des Etats-Unis menace de taxer, dès le 10 juin, tous les biens en provenance de son voisin du Sud, en guise de rétorsion contre « l’invasion » des migrants. Cet ultimatum provoque la consternation au Mexique, dont 80 % des exportations sont destinées aux Etats-Unis.

Les milieux d’affaires américains s’alarment aussi, compte tenu de l’intensité et de l’imbrication des relations commerciales entre les deux pays. Selon le cabinet d’analyse Oxford Economics, les taxes pourraient plonger l’économie mexicaine dans la récession en 2020, et ôter « au moins » 0,7 point de pourcentage à la croissance américaine.

Mardi, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a indiqué surveiller de près les effets des tensions sur l’économie. Et se tenir prêt, si nécessaire, à agir « de façon appropriée pour soutenir l’expansion ».

 

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